Participez à l’action : « Quand la nuit scintille… » – Partez à la recherche des lucioles et laissez-vous émerveiller ! (vidéo ci-jointe)

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Avez-vous déjà vu des « Gehaansfénkelcher » – en français, des lucioles ? Si ce n’est pas le cas, réjouissez-vous, car le moment approche : on peut les observer fin juin. Et même si vous faites partie des chanceux qui ont déjà vu ces petites lumières volantes lors des douces soirées d’été, on ne s’en lasse jamais : ce spectacle de la nature enchante à chaque fois !

Le Mouvement Ecologique vous invite à ne pas manquer ce moment magique ! Les lucioles n’apparaissent que quelques soirs par an et sont visibles au Luxembourg pendant environ deux semaines autour du 24 juin. Nous avons rassemblé pour vous les informations essentielles sur ces insectes et vous expliquons également pourquoi elles se font de plus en plus rares.

Pour que vous puissiez immortaliser ce moment, nous vous proposons un guide pour photographier le spectacle des lucioles. Il n’est toutefois pas facile de capturer cette lueur sur une photo – la pose longue est la clé. Amusez-vous bien en essayant !

Partagez vos expériences et vos photos avec nous. Vous trouverez plus d’informations dans le texte ci-dessous.

 

Ein zauberhaftes Schauspiel in lauen Sommernächten - das Funkeln der “Gehaansfénkelcher” (c) Quit007

Un spectacle enchanteur lors des douces nuits d’été : le scintillement des « lucioles (lux. Gehaansfénkelcher » (c) Quit007

 

Que sont les lucioles et pourquoi brillent-elles ?

Les lucioles ne sont pas des vers – il s’agit de coléoptères de la famille des lampyridés (Lampyridae). On en trouve trois espèces au Luxembourg : la grande luciole (Lampyris noctiluca), la petite luciole (Lamprohiza splendidula) et la luciole à ailes courtes (Phosphaenus hemipterus).

Les femelles de toutes ces espèces sont incapables de voler et tentent, la nuit, d’attirer l’attention des mâles grâce à leur lueur afin de s’accoupler. L’absence d’ailes chez les femelles ainsi que leur corps allongé et segmenté leur ont valu le nom de « vers ». Chez la petite luciole, les mâles brillent également – les points lumineux volants que l’on observe chez nous sont donc toujours de cette espèce. Les mâles de la grande luciole, en revanche, ne possèdent pas d’organes lumineux fonctionnels. Les mâles et les femelles du luciole à ailes courtes peuvent certes briller, mais ils ne le font que très faiblement et uniquement lorsqu’ils sont dérangés. Ils sont en outre tous deux incapables de voler.

Les larves des trois espèces brillent également, mais la fonction biologique de ce phénomène n’est pas encore clairement établie, car à ce stade, cela ne sert pas encore à l’accouplement. Cela sert probablement plutôt à dissuader les prédateurs.

 

La substance qui nous émerveille : la luciférine

 

Weibchen des Großen Leuchtkäfers (C) Wofl commonswiki

Femelle du grand luciole (C) Woflcommonswiki

Les lucioles produisent une lumière dite « froide », qui n’est pas générée par la chaleur. Elles possèdent une substance luminescente appelée luciférine, qui s’illumine au contact de l’enzyme luciférase et de l’oxygène. L’énergie libérée est alors convertie à 98 % en lumière. À titre de comparaison : les LED ont un rendement d’environ 50 %, les ampoules classiques seulement 5 % – les lucioles sont donc bien supérieures à la technologie humaine !

Quand est-ce que on peut les observer – et pourquoi les appelle-t-on « Gehaansfénkelcher » en luxembourgeois ?

On peut observer les lucioles surtout entre 22:15 h et 24h00, de préférence lors de la nouvelle lune. Leur lueur coïncide précisément avec la période autour de la Saint-Jean (24 juin) – d’où leur nom luxembourgeois « Gehaansfénkelcher » : « Gehaans » désigne Jean (comme dans « Gehaansdag », la Saint-Jean), et « Fénkelcher » signifie « petites lumières ». Ce sont donc les « petites étincelles de la Saint-Jean » – de petites lumières qui annoncent le solstice d’été.
Les représentants des lucioles que l’on peut observer actuellement sont principalement la grande luciole et la petite luciole. La luciole à ailes courtes ne s’accouple qu’à la fin de l’été et ne brille alors que faiblement au milieu de la nuit.

Un spectacle qui se fait de plus en plus rare

Autrefois, les lucioles brillaient les soirs d’été au bord des chemins et à la lisière des forêts ; aujourd’hui, il faut les chercher activement pour les trouver. Les trois causes principales de leur déclin sont la perte d’habitat, les pesticides et la pollution lumineuse.

La lumière artificielle provenant des agglomérations et des routes perturbe en particulier le comportement d’accouplement : l’éclairage nocturne ne fait pas que bouleverser le biorythme des coléoptères, mais perturbe surtout leurs rituels d’accouplement – les mâles ne trouvent tout simplement plus les femelles lumineuses.

La perte d’habitats naturels touche les lucioles tout autant que de nombreux autres insectes. Elles ont besoin de paysages riches en structures, avec des lisières de buissons, des lisières de forêt bien structurées et des bords de chemins non tondus – des éléments qui se font de plus en plus rares dans notre paysage et qui devraient être encouragés et restaurés de toute urgence. D’autres espèces animales que le Mouvement Ecologique a présentées lors d’actions précédentes – comme le hérisson, le loir et le lièvre – dépendent des mêmes structures. La luciole illustre ainsi de manière exemplaire comment des communautés entières d’espèces souffrent des mêmes causes.

 

In dieser Landschaft müssten sich Glühwürmchen finden lassen: Die Mischung von Wald, Waldrand, ungemähten Wegrändern und ungedüngten Wiesen – fernab von künstlichen Lichtquellen- stellen ein gutes Habitat dar.

On devrait pouvoir trouver des lucioles dans ce type de paysage : le mélange de forêt, de lisières, de bords de chemins non fauchés et de prairies non fertilisées – loin de toute source de lumière artificielle – constitue un habitat propice.

 

L’effet direct des pesticides est particulièrement alarmant : des études montrent que de nombreux pesticides utilisés de manière conventionnelle nuisent aux lucioles. Ainsi, lors d’une expérience, le nombre de lucioles adultes a diminué d’environ 70 % lorsque les semences avaient été traitées avec le néonicotinoïde clothianidine. Cette substance active n’est plus autorisée à des fins agricoles dans notre pays depuis quelques années, à juste titre. Mais cela illustre parfaitement le problème : bien que les lucioles fassent partie des insectes utiles (les larves se nourrissent d’escargots), ces produits phytosanitaires n’agissent pas de manière sélective uniquement contre les ravageurs visés. Ils touchent tout – et souvent dès le stade larvaire, que les lucioles passent jusqu’à trois ans dans le sol.

 

Capturez la danse des lucioles en photo et partagez-la avec nous

Instructions pour photographier les lucioles

Quand la nuit scintille… Les lucioles apparaissent seulement quelques soirs par an, et sont visibles au Luxembourg pendant environ deux semaines aux alentours du 23 juin. C’est un moment magique à ne pas manquer ! Voici comment capturer leur lumière sans les déranger.

 1. Choisir le bon moment

  • Attends une nuit chaude et sans vent, juste après le coucher du soleil.
  • Viens assez tard, quand il fait bien sombre — vers 23h en juin.
  • Évite les lampes ou les flashs : la lumière artificielle les effraie.

2. Trouver le bon endroit

  • Choisis une forêt ou une prairie avec une herbe haute non coupée.
  • Les lucioles aiment les zones calmes, naturelles, proches des haies ou des arbres.
  • Installe‑toi confortablement, sans piétiner la végétation.

3. Préparer ton appareil

  • Utilise un trépied pour éviter tout mouvement.
  • Régle ton appareil en mode manuel:
    • ISO: 400 à 1000
    • Ouverture: f/1.4 à f/4
    • Temps de pose: entre 5 et 20 secondes
    • Mise au point: manuelle, sur une zone à environ 2–3 mètres
  • Fais ta mise au point manuelle pendant qu’il reste un peu de lumière (crépuscule).
  • Choisis un point fixe à la distance où les lucioles voleront (branche, pierre, herbe haute).
  • Une fois le focus réglé, désactive l’autofocus pour qu’il ne bouge plus.

 

Plus le temps d’ouverture est long, plus les trajectoires lumineuses des lucioles seront visibles et artistiques. Mais au‑delà de 20–30 secondes, l’image peut devenir trop lumineuse ou perdre en contraste. Teste plusieurs durées pour trouver le bon équilibre.

 

4. Déclencher sans toucher l’appareil

Pour éviter de bouger la caméra pendant la prise :

  • Utilise une télécommande (filaire ou Bluetooth).
  • Ou connecte ton smartphone à ton appareil via l’application du constructeur (Canon Camera Connect, Nikon SnapBridge, Sony Imaging Edge…).
  • Si tu n’as ni télécommande ni connexion mobile, active le retardateur de 2 à 5 secondes.

5. Capturer la magie

  • Laisse la caméra ouverte plusieurs secondes pour que les points lumineux dessinent leurs trajectoires.
  • Essaie plusieurs prises pour varier les effets — parfois, une seule luciole suffit à créer une image féérique.

 

(c) Dording Claude

 

6. Respecter la nature

  • Ne touche pas les lucioles, ne les éclaire pas directement.
  • Observe, photographie, et laisse la forêt garder son mystère.

✨ Partage tes photos avec nous soit par mail à natur@oeko.lu ou avec le hashtag 

#mecoglow et aidez-nous  à faire connaître ces merveilles de nos nuits luxembourgeoises.

 

Lors de notre randonnée  nocturne (en langue luxembourgeoise) du 20 juin, nous vous montrerons en direct sur place comment réaliser ces photos.

 

15.06.26

 

FR_Communiqué de presse_Aktioun Gehaansfénkelchen 2026