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Signez pour une agriculture respectueuse de l’homme et de son environnement !

Initiative citoyenne européenne « Sauver les agriculteurs et les abeilles ! »

Il revient à nous, citoyennes et citoyens, d’élever nos voix et d’appeler les politiciens à agir dans l’intérêt des agriculteurs et de l’environnement.

Pour qu’une pétition citoyenne soit débattue par la Commission, les conditions suivantes doivent être remplies : au moins un million de signatures doivent être recueillies dans toute l’Europe et un nombre minimum de signatures dans au moins sept pays de l’UE. Pour le Luxembourg, un total d’au moins 4.500 signatures est nécessaire !

Comment signer ? La collecte des signatures se fait en trois étapes :

  1. Pendant la première étape, vous êtes demandé si vous souhaitez recevoir de plus amples informations sur ce sujet et des sujets similaires. Vous pouvez sauter cette première étape en cliquant sur « Passer et aller directement à la signature de l’initiative à l’étape 2 ».
  2. Dans un deuxième temps, vous signez l’initiative citoyenne en saisissant vos données personnelles (nom, date de naissance, adresse, etc.) dans les champs prévus à cet effet, en cochant les cases correspondant à l’exactitude de vos données et à la politique de confidentialité et finalement en cliquant sur « Soumettre ».
  3. Vous allez maintenant recevoir un courriel dans la boîte aux lettres de l’adresse email que vous avez fournie lors de la première étape (vérifiez le dossier des courriers indésirables). En cliquant sur « Oui, je souhaite rester informé », vous confirmez que vous souhaitez recevoir d’autres emails de notre part sur ce sujet et des sujets similaires. Vous n’avez pas besoin de confirmer votre signature de l’initiative citoyenne.

Le Mouvement Ecologique, en collaboration avec la plateforme « Ouni Pestiziden », participe à cette pétition citoyenne.

Devenez actif et soutenez la campagne européenne ! Chaque signature compte !

Remarque : Les textes suivants proviennent de l’alliance derrière l’initiative citoyenne européenne « Sauvez les abeilles et les agriculteurs !

Pourquoi cette initiative?

L’humanité fait face au plus grand défi de son histoire. Avec le changement climatique rapide et un déclin de la biodiversité sans précédent, la production alimentaire et au final notre propre survie sont en jeu. Ces conclusions alarmantes ont été récemment émises indépendamment par l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture des Nations-Unies (FAO, février 2019 (télécharger)), par le Conseil Mondial de la Biodiversité (IPBES, mai 2019) et par le Groupe d’experts Intergouvernementaux sur l’Evolution du Climat (GIEC, août 2019 (télécharger)). Les scientifiques ne laissent aucun doute que les causes principales de cette crise globale sont d’origine humaine et que les solutions impliquent des changements sans précédent, rapides et à grande échelle dans toutes les strates de la société. Ceux-ci impliquent un changement radical de notre manière de produire de l’énergie vers les énergies renouvelables et une transformation radicale de notre manière d’occuper la terre, notamment dans la manière de produire notre alimentation.

Au regard de l’urgence, l’Initiative Citoyenne Européenne “Sauvons les abeilles et les agriculteurs” veut être un catalyseur de la transformation de l’agriculture, vers un modèle basé sur les principes d’agroécologie qui promeuvent la biodiversité. Un tel modèle agricole préserve les ressources naturelles, prévient l’érosion des sols, accroît la fertilité des sols et contribue à la protection du climat en absorbant plus de gaz à effet de serre qu’il n’en produit. Un tel modèle agricole est la seule réponse possible aux défis croissants de la chute de la biodiversité et de la crise climatique, il est le seul permettant d’assurer une production alimentaire pour les générations futures.

Supprimer progressivement les pesticides est donc un prérequis de base et un levier important dans cette transition pour passer d’un modèle agricole reposant sur la chimie à un modèle favorisant la biodiversité et basé sur la nature. Arrêter les pesticides progressivement sur 15 ans constitue un défi ambitieux. La transition de notre modèle agricole vers l’agroécologie représente un changement important pour de nombreux acteurs, en particulier nos agriculteurs mais avec une volonté politique importante, la transition est à portée de main. En effet, la possibilité d’un changement moins rapide n’est plus d’actualité. En 2008, un rapport de la Banque Mondiale (International Assessment of Agricultural Knowledge, Science and Technology for Development, IAASTD) prévenait de manière urgente, aux vues des prévisions alarmantes sur l’état du climat et de la biodiversité (télécharger), que maintenir le statu quo n’est pas une possibilité. (télécharger) Parmi les recommandations scientifiques, la transition vers des méthodes agricoles utilisant peu d’intrants, la promotion et le développement de méthodes agroécologiques, le remplacement des pesticides de synthèse par des alternatives biologiques et des investissements dans une meilleure sélection de variétés de plantes résistantes à la chaleur et aux parasites.

Ces recommandations n’ont malheureusement pas été écoutées. Rien n’a changé dans les politiques agricoles, si bien que la fenêtre d’opportunité pour prendre des mesures s’est réduite et nous devons reconnaître aujourd’hui que notre génération est la dernière à pouvoir prendre des mesures efficaces pour stopper l’extinction des espèces et le changement climatique. Nos actions seront décisives pour déterminer si la vie que nous offrirons aux générations futures sur cette terre sera aussi agréable que celle que nous avons connue. C’est notre responsabilité d’agir pour cela. Avec l’Initiative Citoyenne Européenne “Sauvons les abeilles et les agriculteurs”, nous oeuvrons à résoudre la crise actuelle.

Foire aux questions

Comment puis-je soutenir l'initiative citoyenne européenne (ICE) en tant que personne privée ou organisation/association?

Les possibilités sont nombreuses. Vous pouvez soutenir l’ICE:

  • en signant l’ICE maintenant.
  • en parlant à votre famille, à vos amis et à vos collègues de notre ICE et de ses objectifs. C’est très important, car nous ne parviendrons à l’indispensable changement de système que si un nombre suffisant de personnes reconnaissent l’urgence de la crise actuelle et le besoin d’une action rapide pour la contrer.
  • en partageant notre message sur les réseaux sociaux. Vous pouvez également imprimer les formulaires de signature, récolter des signatures dans votre entourage et nous envoyer les formulaires signés par la poste (vous trouverez l’adresse sur les formulaires).
  • en soutenant le travail de « Save Bees and Farmers » par un don.

Pourquoi est-ce que je ne reçois pas d'e-mail de confirmation lorsque j'ai signé l'ICE ?

Vos données seront bien entendu transmises de manière sécurisée et cryptée. Toutes les données collectées à l’étape 2 lors de la signature de l’ICE avec le logiciel certifié par la Commission européenne (OpenECI) sont directement stockées sur un serveur sécurisé. Elles ne nous seront pas envoyées et pour cette raison, il n’est pas possible de vous envoyer une confirmation de votre participation. Seules les autorités nationales compétentes peuvent inspecter les votes pour en vérifier la validité par sondage. Cela est nécessaire parce qu’une ICE est un instrument officiel de l’UE. Vos données personnelles seront définitivement effacées après vérification officielle par les autorités nationales.

Je ne suis pas encore sûr d'avoir signé l'ICE. Puis-je signer une deuxième fois ou ma signature sera-t-elle alors invalide?

Oui, signez de nouveau si vous n’êtes pas sûr. Votre signature est valide et n’est comptée qu’une seule fois. Le logiciel détecte automatiquement les doubles signatures et trie les doublons.

Pourquoi dois-je fournir autant de renseignements personnels?

Une Initiative Citoyenne Européenne est différente d’une pétition classique : il s’agit d’un instrument démocratique officiel qui permet aux citoyens européens de contribuer à façonner l’Europe en demandant à la Commission européenne de proposer un acte législatif. Si nous parvenons à recueillir un million de voix, la Commission européenne sera légalement obligée de répondre à nos demandes.

Nous n’avons aucun contrôle sur les données requises pour la signature d’une Initiative Citoyenne Européenne par les Etats membres. Les États membres de l’UE déterminent eux-mêmes quelles données doivent être collectées afin que les votes soient valides et comptabilisés. C’est pourquoi, dans une ICE, il est nécessaire d’avoir plus de données personnelles que ce à quoi vous êtes habitué dans d’autres « pétitions ». Cependant, toutes les données collectées dans le cadre de l’ »étape 2″ de notre action ne nous seront pas transmises, mais transmises directement à un serveur sécurisé situé en Allemagne, à l’aide d’un logiciel spécialement certifié (OpenECI), afin que les autorités nationales responsables puissent vérifier la validité de votre vote. Cela est nécessaire parce qu’une ICE est un instrument officiel de l’UE et qu’il faut donc vérifier si les votes proviennent effectivement de citoyens d’un État membre de l’UE. Vos données personnelles seront définitivement effacées après vérification officielle par les autorités nationales. Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir compléter l’étape 2 de notre action sur la base de ces explications. Ce n’est qu’à ce moment-là que l’ICE sera signée et que votre vote pourra être pris en compte.

Je suis ressortissant d'un Etat membre de l'UE mais je vis dans un autre Etat membre de l'UE. Dans quel Etat membre dois-je signer?

Pour la signature en ligne:

  • Dans la case « veuillez sélectionner le pays », indiquez votre nationalité
  • Ensuite, le widget sera configuré pour vous demander les conditions spécifiques pour cette nationalité (quel que soit le pays dans lequel vous vivez : ID, etc…)
  • Dans la case « nationalité », indiquez à nouveau votre nationalité
  • Dans la plupart des cas, vous devrez indiquer votre adresse. C’est là que vous choisissez le pays de l’UE dans lequel vous vivez

Si cela ne fonctionne pas, la seule solution est:

d’imprimer le formulaire de signature du pays dont vous êtes ressortissant, de le remplir et de le renvoyer à l’adresse indiquée sur le formulaire de signature. Vous trouverez ici les formulaires de signature à imprimer à la maison.

En fonction des données requises par ces Etats membres, vous pouvez avoir la possibilité de choisir entre signer pour votre nationalité ou votre pays de résidence, sachant que vous ne pouvez vous inscrire qu’une seule fois à l’initiative « Save Bees and Farmers ».

Les données que vous fournissez dans votre vote détermineront dans quel Etat membre votre vote sera compté.

Exemple: Un Autrichien vivant en Estonie peut soit…
… remplir le formulaire pour l’Estonie en indiquant ses nom, prénoms, prénoms, adresse, date et lieu de naissance et nationalité – dans ce cas, son vote sera vérifié et donc compté en Estonie
… soit remplir le formulaire pour l’Autriche, en fournissant en plus des données ci-dessus un numéro de document d’identité personnel de la liste acceptée par l’Autriche – dans ce cas, son vote sera vérifié et donc comptabilisé en Autriche.

Je suis un citoyen de l'UE résidant hors de l'UE. Puis-je signer l'ICE?

Cela dépend de l’État membre dont vous êtes ressortissant.
Selon les exigences demandées par les États membres, vous pourrez ou non vous inscrire en ligne. Cela est dû au fait que certains États membres exigent une adresse européenne.

Pour ceux qui auront la possibilité de signer, votre signature sera pris en compte dans votre Etat membre de nationalité.
Pour ceux qui ne peuvent pas signer en ligne, vous pouvez signer en papier:

  • imprimer le formulaire papier
  • remplir avec vos données personnelles
  • renvoyer la liste des signatures à l’adresse indiquée sur le formulaire de signature.

Pourquoi une approche aussi radicale? Le délai de 15 ans n'est-il pas beaucoup trop court pour passer à une agriculture sans pesticides de synthèse?

Lorsqu’un agriculteur décide de passer à l’agriculture biologique certifiée, il faut trois ans pour que ses terres et ses récoltes reçoivent le label biologique, ce qui signifie qu’aucun pesticide de synthèse n’a été utilisé pendant tout le processus de production. Une telle transformation exige beaucoup de connaissances et nécessite une formation et une adaptation de la part de l’agriculteur. Nous considérons donc que 15 ans est une période suffisante pour former les agriculteurs européens à adopter des pratiques sans pesticides de synthèse. Une période de transition de 15 ans permettrait une transition douce, mais avec des objectifs clairs.

De plus, nous avons déjà tablé dans le passé sur la possibilité de changements moins ambitieux et d’une reconversion agricole plus lente. Dès 2008, l’Évaluation internationale des connaissances, des sciences et des technologies agricoles au service du développement (IAASTD), initiée par la Banque mondiale, a lancé un appel pressant dans son rapport final (télécharger) : « Le statu quo n’est pas envisageable (télécharger)« . Mais l’avertissement de l’IAASTD n’a pas été suivi d’actions ambitieuses. Par conséquent, dix précieuses années pour la transformation de l’agriculture ont été perdues jusqu’à ce que la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) présente en mai 2019 son rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques, qui réitère avec force l’avertissement que « le statu quo n’est pas envisageable ». Quelques mois plus tard, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a présenté son rapport sur le lien entre l’utilisation des terres et les émissions de gaz à effet de serre. Les deux organes de l’ONU, l’IPBES et le GIEC, ont averti que la fenêtre d’opportunité pour prendre des mesures visant à éviter l’effondrement imminent du climat et des écosystèmes du monde se fermera très bientôt.

Comme les décideurs politiques passés n’ont pas « entendu » le message et n’ont pas agi, nous ne pouvons tout simplement pas attendre plus longtemps. Notre génération est la dernière à avoir encore le pouvoir de prendre des mesures efficaces pour enrayer la perte de biodiversité et le changement climatique. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, si nous n’agissons pas maintenant, nous risquons de passer le point de non-retour d’ici dix ans.

L'effondrement de la biodiversité est-il causé exclusivement par les pesticides ?

De nombreux facteurs contribuent à l’extinction des espèces. Le rapport 2019 de la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) l’a clairement indiqué. Les principales causes mentionnées sont notamment le changement d’affectation des sols, la pollution, le changement climatique et la prolifération des espèces invasives parmi lesquels le changement d’affectation des sols et la pollution de l’air, de l’eau et du sol sont dus à l’agriculture, à la sylviculture et à l’urbanisation; 71% du total des terres disponibles étant utilisés à cette fin.
L’utilisation de pesticides de synthèse est un double facteur d’extinction des espèces: un effet nocif immédiat de l’utilisation des pesticides provient de leur toxicité pour les insectes, les oiseaux, les amphibiens, ainsi que pour les organismes du sol et les organismes aquatiques. De plus, les pesticides ont permis un modèle d’agriculture intensive qui repose fortement sur des monocultures qui ne laissent aucune place à la diversité des espèces (agrobiodiversité). En d’autres termes, l’intensification continue de la lutte chimique contre les ravageurs depuis les années 1960 a rendu obsolète l’utilisation et la prise en compte des mécanismes biologiques naturels de lutte antiparasitaire – tels que la création d’habitats et de niches écologiques pour les insectes utiles, ou l’utilisation de variétés végétales résistantes – tandis que les dispositions énumérées ci-dessus sont essentielles à une agriculture sans pesticides. Afin de restaurer ces écosystèmes naturels et de permettre la diversité des espèces sur les terres agricoles, il est indispensable de mettre en œuvre des pratiques sans pesticides dans notre système agricole. Heureusement, des données probantes montrent que le rétablissement de la biodiversité peut se produire relativement rapidement lorsque des mesures sont prises pour restaurer les habitats parallèlement à l’abandon de l’utilisation des pesticides de synthèse.

Devrons-nous donc labourer à nouveau avec des chevaux et désherber les champs à la main à l’avenir?

Non, cette image est très souvent évoquée par l’industrie des pesticides afin d’effrayer les agriculteurs et les citoyens. Le fait qu’une  agriculture compatible avec la biodiversité puisse se passer des pesticides de synthèse ne signifie pas qu’elle ne doive pas profiter des importantes connaissances scientifiques et d’innovations technologiques qui sont aujourd’hui disponibles.
Comme l’Évaluation internationale des connaissances, des sciences et des technologies agricoles pour le développement (IAASTD) l’a déjà déclaré en 2008, le facteur décisif dans la lutte contre la faim dans le monde n’est pas la maximisation des rendements, mais la disponibilité en nourriture et les moyens locaux de production. Les meilleures garanties à cet égard sont les petites structures agricoles, avec leurs avantages écologiques et sociaux (télécharger).

Pensez-vous que les agriculteurs appuient l'idée d'interdire les pesticides ?

Contrairement aux messages véhiculés par l’industrie des pesticides ou des portes-parole des principaux syndicats agricoles, il existe une grande diversité de pensée au sein de la communauté agricole. Alors que les grandes associations d’agriculteurs ont jusqu’à présent défendu de façon constante le système agro-industriel et combattu les restrictions imposées aux pesticides, un nombre croissant d’agriculteurs considèrent la dépendance vis-à-vis de l’agro-industrie (producteurs de semences, de pesticides de synthèse et d’engrais) et de ses produits comme un élément moteur dans la crise qui a frappé le monde agricole et les écosystèmes. Pour nous, organisateurs de l’initiative citoyenne, il sera donc décisif de réussir à mettre en évidence les perspectives de changement et à convaincre les agriculteurs non seulement qu’une agriculture sans pesticide est possible, mais aussi que c’est la meilleure option à long terme. Nous voulons donc profiter de l’année à venir non seulement pour recueillir des signatures en faveur de notre initiative citoyenne, mais aussi pour entamer un dialogue avec les agriculteurs et leurs organes représentatifs.

Les prix des denrées alimentaires en Europe ne vont-ils pas augmenter si les agriculteurs sont contraints à recourir à des alternatives aux pesticides de synthèse?

Le prix le plus élevé que nous puissions payer pour notre nourriture est la dévastation de nos moyens de productions agricoles et de ceux de nos enfants et petits-enfants. Mais c’est précisément ce prix que nous payons actuellement dans le monde entier lorsque nous achetons des aliments non durables et bon marché. Notre mode de production agricole actuel menace l’approvisionnement alimentaire mondial, comme l’a déclaré l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans un rapport complet sur l’état de l’agriculture et la biodiversité (télécharger) en février 2019. La raison pour laquelle nous pouvons encore acheter de la nourriture à bas prix est que le prix réel n’apparaît pas à la caisse du supermarché. Nous le payons en brûlant les forêts, en polluant l’eau, en érodant les sols, en contaminant l’air que nous respirons et en trouvant des résidus de produits chimiques dans nos aliments. Les pesticides, ainsi que les aliments de mauvaise qualité, ont d’importantes répercussions sur notre santé et cela entraîne des coûts sociétaux importants (cancers, maladies de Parkinson, troubles de la reproduction, etc.).

Nous devons donc mettre fin à ce système désastreux. Les agriculteurs qui produisent des aliments de manière durable doivent être récompensés, tandis que les aliments importés produits avec des pesticides de synthèse doivent être lourdement taxés. En outre, les agriculteurs ne gagnent généralement pas un revenu décent en Europe malgré le fait qu’ils produisent les aliments qui sont à la base même de notre santé. Les décideurs politiques doivent s’assurer que les agriculteurs gagnent un revenu décent, tout en maintenant des aliments à des prix abordables.

Pourquoi les revendications centrales de l'initiative citoyenne ne comprennent-elles qu'une interdiction de l'utilisation des pesticides dans l'UE, mais pas une interdiction des importations d’aliments produits avec des pesticides ?

En réalité, c’est une de nos exigences! Dans l’annexe de notre ICE (télécharger), nous indiquons que des mesures d’accompagnement sont nécessaires afin de garantir que les produits sans pesticides de synthèse en Europe ne soient pas soumis à la concurrence d’aliments bon marché provenant de pays tiers produits avec des pesticides.
Cela peut être garanti de diverses manières, soit par une interdiction générale des aliments qui ne sont pas certifiés comme étant produits sans pesticides de synthèse, soit par une taxation élevée et/ou la subvention de produits européens qui ont été produits dans le respect de la biodiversité. Il est clair que de telles mesures sont indispensables pour la protection de l’agriculture européenne.  Il faut s’attendre à ce qu’une telle politique commerciale puisse avoir des conséquences positives pour un changement de système dans d’autres parties du monde. Toutefois, étant donné que cela affecte des accords commerciaux internationaux et que ceux-ci ne peuvent pas être l’objet d’Initiatives Citoyennes Européennes, cette demande n’est répertoriée que dans l’annexe de l’ICE et ne fait donc pas formellement partie de ses revendications centrales. Une chose est claire pour nous : nous devrons aborder cette question politique, car la transformation ne peut avoir lieu en cas de concurrence déloyale par des produits qui ne répondent pas à des normes écologiques similaires.

Sans pesticides, comment assurer l’alimentation de plus de 9 milliards de personnes ?

Il y a une dizaine d’années, l’Évaluation internationale des connaissances, des sciences et des technologies agricoles au service du développement (IAASTD) a apporté une réponse à la question de savoir comment nourrir une population mondiale qui devrait atteindre 9 milliards de personnes d’ici 2050. Parmi ses principales recommandations figuraient l’amélioration des méthodes agricoles agro-écologiques et à faible consommation d’intrants, la sélection de plantes permettant une meilleure résistance au climat, à la température et aux ravageurs, ainsi que la compensation des services environnementaux et la réduction de la dépendance à l’égard des combustibles fossiles (télécharger). Ce que vous ne trouverez pas dans le rapport, cependant, ce sont des recommandations sur l’utilisation des pesticides afin de sécuriser l’approvisionnement alimentaire mondial. Au contraire, l’IAASTD recommande le remplacement des produits agrochimiques par du contrôle biologique. L’affirmation selon laquelle les pesticides sont nécessaires pour sécuriser l’approvisionnement alimentaire mondial n’est donc rien d’autre que le récit de grands groupes agrochimiques, qui gagnent des milliards d’euros grâce à la vente des pesticides. Il n’y a aucune preuve scientifique à l’appui d’une telle affirmation, ce n’est qu’un mythe.

Comment les agriculteurs sont-ils censés faire la transition vers une production sans pesticides en 15 ans?

Au cours des dernières décennies, le développement de l’agriculture biologique et la mise en œuvre de l’agroécologie ont clairement prouvé que l’agriculture sans pesticides de synthèse est une possibilité très réelle. C’est un domaine requérant beaucoup de connaissances et qui exige une adaptation de la part des agriculteurs.

Il est important de conseiller et d’accompagner les agriculteurs dans leur transition. Pour y parvenir, des conditions économiques spéciales doivent être mises en place.

Dans certains cas, la poursuite de la recherche scientifique sur les méthodes agro-écologiques doit également être encouragée par le biais de financements publics rendus disponibles par l’abandon des investissements dans l’agrochimie.

Au cours des dernières décennies, des milliards d’euros de fonds publics et privés ont été investis dans le développement, la fabrication et la réglementation des pesticides de synthèse ainsi que dans la lutte contre leurs effets négatifs sur l’environnement et la santé. A l’avenir, les financements publics doivent soutenir la recherche en agroécologie pour améliorer la production tout en respectant l’environnement. Les résultats de la recherche doivent ensuite atteindre rapidement les agriculteurs et les aider à améliorer leurs pratiques.

Pouvons-nous nous permettre le "luxe" de ne pas utiliser de pesticides du tout compte tenu des défis à venir posés par le changement climatique?

Face au changement climatique, l’abandon du modèle agricole basé sur l’utilisation intensive de produits agrochimiques est essentiel pour l’avenir de notre production. A cause du  changement climatique, l’agriculture sera confrontée à des extrêmes climatiques sans précédent et à une pression accrue des ravageurs. C’est précisément au vu de ces défis qu’il est d’autant plus important d’assurer la résilience nécessaire à travers des agroécosystèmes aussi stables que possible avec une diversité d’espèces importante. Par exemple, les méthodes de production agroécologiques sont moins sensibles aux sécheresses, car leurs sols, à forte teneur en carbone, stockent plus d’eau. Ils favorisent également la formation d’humus dans le sol et capturent le CO2 de l’atmosphère. Cela est d’autant plus important que, pour atteindre l’objectif de 1,5°C du GIEC, il faudra que les émissions de CO2 provenant de la production alimentaire deviennent négatives à l’échelle mondiale. Cela signifie qu’une plus grande quantité de CO2 provenant de l’atmosphère pénètre dans le sol et contribue à la formation d’humus que ce qui est émis au total par les processus agricoles (ce service pourrait être récompensé, par exemple, par un incitant financier).

Le génie génétique contribuera-t-il à éliminer les pesticides?

Le rapport de l’IAASTD des Nations Unies indiquait déjà en 2008 que le « génie génétique vert » a jusqu’à présent créé plus de problèmes (télécharger) que de solutions et a orienté unilatéralement la recherche vers des produits brevetables.

La grande majorité des variétés d’OGM vendues aujourd’hui sont soit résistantes à un pesticide, ce qui conduit à une utilisation accrue des pesticides sur le terrain, soit génétiquement modifiées pour produire elles-mêmes des pesticides et mettre ainsi les écosystèmes en danger! Notre initiative citoyenne pour la protection de la biodiversité et des exploitations agricoles familiales appelle explicitement à la promotion d’une formation et d’une recherche agricoles indépendantes dans le domaine de l’agriculture sans pesticide ni OGM. Il est donc incontestable que la sélection et la multiplication des semences doivent être encouragées et étendues à l’aide des techniques de sélection conventionnelles.

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Photo : Alliance derrière l’initiative citoyenne européenne « Sauvez les abeilles et les agriculteurs ! »