Nouveau plan luxembourgeois de gestion des déchets – De bonnes bases, mais une mise en œuvre insuffisante
Le nouveau plan national de gestion des déchets et des ressources du Luxembourg a récemment fait l’objet d’une procédure publique. Il s’agit d’un instrument important pour adapter la politique luxembourgeoise en matière de déchets aux exigences nationales et européennes. Le plan contient de nombreuses mesures pertinentes, mais reste souvent trop vague et imprécis dans sa mise en œuvre. Il manque des objectifs contraignants, des calendriers, des responsabilités claires et un financement suffisant.
Le Mouvement Ecologique a soumis un avis, dont vous trouverez ici un bref résumé. Le document détaillé est disponible sur www.meco.lu.
Le Mouvement Ecologique salue les éléments essentiels de l’état des lieux. De même, le plan d’action présente toute une série de mesures possibles qui doivent être considérées comme positives.
1) Prioriser les mesures concrètes pour atteindre les objectifs généraux (encore partiels) en fonction de leur impact et de leur urgence
Le plan contient de nombreuses déclarations d’intention générales, mais peu d’informations précises sur la mise en œuvre, les responsabilités et le calendrier. Les mesures importantes ne sont pas classées par ordre de priorité en fonction de leur impact ou de leur urgence, et les informations sur les ressources disponibles font défaut. Pour être efficace, il faut des objectifs concrets, des instruments prioritaires et un meilleur lien avec les moyens disponibles.
2) Des mesures contraignantes doivent compléter la sensibilisation
La sensibilisation est importante, mais elle ne peut à elle seule garantir une politique efficace en matière de déchets. Le plan repose trop fortement sur l’engagement volontaire des acteurs et des consommateurs. Des conditions-cadres juridiquement contraignantes et des incitations sont nécessaires pour garantir une mise en œuvre à grande échelle.
3) Réglementer plus clairement l’utilisation/la valorisation des déchets produits au Luxembourg
Les données actuelles sur les flux de déchets restent trop superficielles et ne fournissent pas d’informations claires sur les voies de valorisation réelles. Il manque des données détaillées, des objectifs contraignants et une meilleure traçabilité des exportations. Les considérations stratégiques relatives à l’élimination nationale des déchets sont également peu abordées.
4) L’économie circulaire – le parent pauvre du plan de gestion des déchets
Bien que l’économie circulaire soit essentielle, elle ne joue qu’un rôle secondaire dans le plan. Sa mise en œuvre reste vague et il y a un manque de coopération interministérielle et de structures claires. Compte tenu des évolutions négatives soulignées par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) dans un rapport très récent, ce domaine doit être renforcé et développé de manière stratégique de toute urgence.
5) Aborder le comportement des consommateurs comme facteur de production de déchets et proposer des alternatives
Bien que le plan souligne l’importance d’une consommation modérée, cette priorité ne se reflète pas dans ses mesures. Le Luxembourg affiche une consommation de ressources supérieure à la moyenne, ce qui nécessite une sensibilisation accrue et des mesures concrètes.
6) Soutenir davantage les centres de ressources afin qu’ils puissent remplir leur rôle central
Les centres de ressources sont essentiels pour la prévention et la réutilisation, mais le plan reste vague à ce sujet. Les centres de ressources doivent devenir de véritables centres locaux de « réparation, réutilisation, partage ». Un suivi statistique obligatoire et transparent doit permettre de mesurer les progrès réalisés. Enfin, l’État doit lier son financement à la réalisation de ces critères tout en offrant des primes supplémentaires aux centres particulièrement ambitieux.
Il en va de même pour la mesure mentionnée concernant les centres de ressources pour les entreprises.
7) Remarques sur différentes catégories de déchets
En ce qui concerne les textiles, il manque une stratégie claire pour la mise en œuvre des exigences de l’UE, notamment en matière de réutilisation et de responsabilité des fabricants. Des questions telles que les boues d’épuration, les microplastiques et les sites contaminés ne sont traitées que de manière superficielle, alors qu’il existe un besoin d’action considérable dans ces domaines.
Conclusion
Le projet de PNGDR 2025 constitue une base importante sous sa forme actuelle, mais il reste trop vague et peu contraignant pour amorcer une véritable transition vers l’économie circulaire.
Le Mouvement Ecologique invite le gouvernement à développer davantage les mesures centrales de ce plan afin de présenter un instrument ambitieux qui mette l’accent sur la prévention et la réutilisation, le renforcement des centres de ressources, la réduction des exportations massives et le contrôle de l’« utilisation » des déchets exportés, l’ancrage local des activités de réparation et de réutilisation, ainsi que l’économie circulaire.
Le présent plan devrait être complété par un plan de financement contraignant ainsi que par une analyse des ressources humaines disponibles et des structures de gouvernance.
Ce n’est qu’à cette condition que le Luxembourg pourra réduire son empreinte écologique, créer des emplois locaux de qualité et répondre aux attentes des citoyens en matière de société durable et solidaire.






