Échange avec le ministre de l’Environnement Serge Wilmes
Parmi ceux-ci figurait notamment le projet de construction du centre de données de Google à Bissen. Le ministre et les fonctionnaires compétents ont souligné qu’ils respectaient strictement la législation et que, selon l’analyse du ministère, il n’existait pas de base juridique suffisante pour imposer certaines conditions, notamment dans le domaine de l’énergie. Le Mouvement Ecologique ne partageait certes pas cette interprétation, mais a néanmoins demandé si le ministre était alors disposé à améliorer la législation. En effet, plusieurs centres de données sont actuellement en discussion et il serait d’une importance capitale que ceux-ci – tout comme Google – respectent des normes énergétiques à tous les niveaux. Selon le ministre, cette question n’aurait pas encore été abordée.
Un autre point important concernait la réforme de la loi sur la protection de la nature. Un nouvel échange d’arguments a eu lieu à ce sujet. La discussion s’est déroulée de manière constructive, mais les deux parties ont maintenu leurs analyses respectives : alors que le ministre est convaincu que le projet de réforme actuel constitue une bonne base et favoriserait même la végétalisation, l’analyse du Mouvement Ecologique aboutit à la conclusion exactement inverse. Le Mouvement Ecologique présentera prochainement son analyse détaillée.
La question de savoir si le Luxembourg respecte actuellement ses objectifs climatiques a également été abordée. Le Mouvement Ecologique a souligné qu’à son avis, une présentation plus « honnête » de la situation actuelle était nécessaire. Le ministre mettrait toujours en avant le fait que le Luxembourg atteindrait ses objectifs, tout en sachant que ce n’est pas le cas dans les secteurs de l’industrie et du bâtiment, où les émissions seraient même à nouveau en hausse. Le ministère devrait adopter une communication plus nuancée afin de mettre clairement en évidence les défis à venir.
Une autre question soulevée par le Mouvement Ecologique concernait le respect de la loi sur la protection du climat dans ce contexte. Celle-ci prévoit en effet que, si un secteur donné ne parvient pas à réaliser les réductions d’émissions de CO2 prévues, un autre secteur doit être désigné afin de garantir des réductions supplémentaires correspondantes. Toutefois, la loi ne définit pas de règles précises quant à la manière de procéder ; elle prévoit uniquement que ce principe doit être appliqué.
La question du Mouvement Ecologique était donc la suivante : comment cette disposition légale a-t-elle été mise en œuvre ? Quels secteurs sont actuellement soumis à quelles obligations ? Selon la réponse du ministre, la situation serait compliquée par le fait que la loi sur le climat et les objectifs fixés dans le règlement d’exécution auraient, dès leur élaboration, mal évalué les potentiels de réduction dans les différents secteurs, en raison de projections insuffisantes. Aujourd’hui, le STATEC fournirait des données chiffrées correctes, ce qui n’était pas le cas à l’époque. Par conséquent, les discussions concernant les « transferts » entre les objectifs sectoriels n’auraient pas eu lieu. Une adaptation de la base légale ne serait toutefois pas prévue à l’heure actuelle.
Un autre point à l’ordre du jour concernait la nécessité de réduire l’utilisation des pesticides de manière générale, mais également dans les zones de protection des eaux. Dans ce domaine, le Mouvement Ecologique salue le fait que le ministre de l’Environnement s’engage en faveur d’une réduction plus conséquente de l’utilisation des pesticides et, surtout, en faveur de l’objectif d’interdire leur utilisation dans les zones de protection des eaux.
Un bref échange a également porté sur les programmes de subventions publiques. Sur la base d’une analyse de l’Ökoinstitut, le Mouvement Ecologique plaide pour que les futures subventions dans le domaine de la transition énergétique reposent davantage sur des faits, des calculs et des objectifs clairement définis, tant sur le plan énergétique que social. Le ministre a indiqué avoir trouvé l’étude de l’Ökoinstitut particulièrement intéressante et être ouvert à de nouvelles optimisations. Il a toutefois souligné l’importance des textes de réforme adoptés jusqu’à présent, qui prévoient des aides importantes. Dans ce contexte, un nouvel échange sur ce sujet a été envisagé.
La réforme de la loi sur la chasse figurait également parmi les sujets abordés. Dans l’ensemble, le Mouvement Ecologique a salué le processus mené au cours des derniers mois. Même si le texte de réforme élaboré dans le cadre d’une plateforme commune réunissant chasseurs, organisations environnementales et propriétaires forestiers privés constitue un compromis – et que, du point de vue d’un mouvement environnemental, des améliorations restent possibles –, le projet de loi représente néanmoins une étape importante vers la modernisation de la législation actuelle et devrait être adopté rapidement. Le ministre a assuré qu’aucune modification n’était prévue et que la procédure avancerait désormais rapidement.
28.10.2026





