Contournement de Bascharage : changeons de cap !
APPEL À LA POLITIQUE ET À LA SOCIÉTÉ À L’OCCASION DE LA RENTRÉE PARLEMENTAIRE
20 septembre 2026
Le début des travaux de la phase 1 (N5 – zone industrielle) du contournement de Bascharage est prévu pour cet automne/hiver. Le ministère des Travaux publics et l’Administration des ponts et chaussées entendent ainsi créer des faits accomplis, alors même que le projet reste juridiquement contesté. Dans le cadre de l’appel d’offres, il a été expressément exclu que les entreprises de construction puissent réclamer des dommages et intérêts en cas d’arrêt du chantier à la suite d’une décision de justice. En effet, le 14 décembre 2026, le tribunal administratif doit examiner la demande d’annulation de l’autorisation.
- Les arguments des requérants, à savoir la BIGS et les 10 personnes privées concernées de Bascharage et de Sanem, reposent sur de nombreux éléments factuels et procéduraux relevant de la législation environnementale.
- Depuis que le « contournement de Dippach », en tant que partie du « contournement Bascharage-Dippach » entre la région frontalière et Luxembourg, a été remis en question tant par l’administration communale de Dippach que par la ministre de la Mobilité, la seule justification restante est la liaison directe de la zone industrielle de Bascharage à l’autoroute A13 à travers deux forêts. Même cette justification n’a pas été étayée par des mesures de trafic.
- Deux forêts, dont le Zämerbësch, qui est déjà une zone Natura 2000, et le Bobësch, qui a été désigné comme telle, seraient sacrifiées à cette décision. Lors de la vague de chaleur de cet été, nous avons tous (re)découvert les multiples avantages des forêts et des espaces de loisirs de proximité. Le Bobësch, en tant que « forêt ancienne » (« ancient forest »), est en outre particulièrement précieux et rare. Le tracé actuellement prévu détruirait à jamais son intégrité et sa fonction d’habitat pour la faune et la flore, ainsi que sa capacité à stocker l’eau et le CO₂ – sans compter les dommages consécutifs, qui ne doivent pas être sous-estimés. De plus, son statut de protection particulier en tant que zone Natura 2000 désignée serait ainsi ignoré.
- Peu de prescriptions environnementales et de mesures compensatoires ont pu être respectées jusqu’à présent ou peuvent même réellement l’être. Cet été a notamment montré que les vagues de chaleur extrêmes rendent encore plus difficiles les nouvelles plantations d’arbres, qui ne peuvent de toute façon pas remplacer un peuplement ancien et précieux. Même la mesure la plus coûteuse, à savoir le passage à faune actuellement en construction au-dessus de l’A13, aurait surtout du sens si le contournement ne venait pas à nouveau interrompre ou restreindre les corridors de déplacement de la faune.
- L’alternative proposée « 0+ » n’a jamais été sérieusement étudiée. Elle pourrait combiner toutes les possibilités offertes par la gratuité des transports publics (liaisons efficaces bus-train), avec des mesures d’apaisement du trafic dans les localités et de nouvelles liaisons cyclables, y compris en dehors des routes existantes.
- Nous avons contesté l’autorisation du contournement relevant de l’Administration de la gestion de l’eau, car elle n’apporte pas de solutions adéquates aux charges supplémentaires que le contournement ferait peser sur le réseau public d’assainissement et sur la Chiers (avec sa zone humide dans la « Dreckwiss »). Le risque réel d’inondation dans cette région n’a pas non plus été pris en compte. Le début des travaux affecterait immédiatement le ruisseau « Pawuesgriecht ».
- Tous les terrains nécessaires n’appartiennent pas encore à l’État et ne sont pas non plus sécurisés par des contrats. Plus encore, même la condition déterminante de l’autorisation contestée devant les tribunaux (variante Saint-Gobain), à savoir le déplacement de cette entreprise, n’a à ce jour pas pu être confirmée.
Il est encore temps de changer de cap.
Nous sommes fermement convaincus qu’en période de crise climatique et de perte de biodiversité, la première exigence de la politique devrait être de ne plus détruire de surfaces forestières ni de zones protégées et de rechercher des alternatives.
Nous demandons au minimum d’attendre la décision judiciaire définitive et de ne pas commencer les travaux maintenant. En cas d’annulation de l’autorisation de construire, ceux-ci entraîneraient non seulement des destructions environnementales irréversibles et inutiles, mais également des coûts injustifiés pour la collectivité.
Remettre en question des décisions fondées sur des prémisses erronées et dont les effets s’avèrent négatifs pour l’être humain et l’environnement est une nécessité de notre époque. Une politique responsable se caractérise par sa capacité à reconnaître à temps les mauvaises décisions et à empêcher leur mise en œuvre avant qu’il ne soit trop tard. Limiter les dégâts ne signifie en aucun cas faire un pas en arrière, mais bien un pas en avant. Respect à celles et ceux qui en prennent conscience et agissent en conséquence !
BIGS a.s.b.l. Mouvement Ecologique Régionale Sud natur&ëmwelt Sektioun Kordall





